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Timothée de Fombelle, dans la lignée d’Alexandre Dumas

09-03-2017
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culture Culture Timothée de Fombelle, dans la lignée d’Alexandre Dumas
Son minuscule Tobie Lolness a remporté un immense succès. Une plume magnifique et le charme des débuts…
Auteur surdoué de sa génération, arrivé avec grand fracas en littérature jeunesse malgré son extrême délicatesse et la toute petite taille de son héros, Tobie Lolness (Gallimard, 2006), Timothée de Fombelle s’inscrit dans la lignée d’un Alexandre Dumas. Il a en effet le souffle, le sens romanesque et le goût des aventures épiques du grand feuilletoniste qu’il avoue admirer particulièrement.

Loin des modes fantastiques ou nombrilistes, l’auteur français né en 1973 est un vrai raconteur d’histoires qui se lisent d’autant plus aisément que sa plume est fluide, limpide, précise et sa langue fleurie.


Dès l’entame de son premier livre - bouclé la nuit où naissait sa fille ! -, le lecteur comprend qu’il va se laisser emporter, prendre par la main et oublier le quotidien qui l’entoure pour s’évader par le livre. On se souvient bien sûr de Tobie Lolness qui, avec son millimètre et demi de hauteur, était tout de même bien petit pour son âge !

Partant de ce constat, de cette contrainte créative, l’écrivain, qui fut avant tout dramaturge reconnu, plante, c’est le cas de le dire, son récit dans un arbre, véritable métaphore du monde des humains, des bassesses de la vie en société, des arcanes du pouvoir et du danger de la tyrannie. Sans oublier l’essentielle force de l’amour et les beaux yeux d’Elisha, au cœur du deuxième tome.

Assurément parmi les meilleurs récits jeunesse parus ces dernières années, "un chef-d’œuvre" écrivions-nous à l’époque, cette fable écologique traduite en vingt-neuf langues, a récolté de nombreux prix dont celui de Libbylit décerné au Salon du livre jeunesse de Namur. "Je m’en souviens encore très bien. C’était mon premier prix. On n’oublie pas cela", nous explique l’auteur.


"C’est incroyable de voir qu’un récit aussi intime, en réalité, a parlé aux gens du monde entier. J’avais choisi un narrateur omniscient mais, en même temps, je réalise bien que je ne parle que de moi à travers tous les personnages. Contrairement à l’illusion du début, il ne s’agit pas d’un récit fantastique. Il n’y a pas de super-pouvoirs ni de monstres. J’ai retrouvé notre monde avec ses tensions, ses inquiétudes, mes préoccupations. C’est une écriture très intime. Mes proches me reconnaissaient à chaque page. Le père de Tobie est un croisement de mon père et de mon grand-père. J’ai déjoué la crainte du nombrilisme en partant dans l’imaginaire. Et ma mère m’a dit deux phrases : C’est incroyable, où vas-tu chercher tout cela ? et Qu’est-ce que cela te ressemble ! . Je pense que c’est cela l’imaginaire. Puiser suffisamment profond en soi pour qu’on ne reconnaisse pas la source et, malgré tout, cette profondeur est la nôtre, c’est une source cachée", nous dit l’auteur quelques minutes avant de sauter dans un train pour aller s’isoler dans la nature et finir le premier vrai roman adultes qu’il écrit actuellement et qui parle… d’enfance.
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