Les syndicats de la fonction publique thaïlandaise annoncent qu'ils entameront mardi une grève nationale pour contraindre le gouvernement à démissionner.Si le gouvernement reste en place le 25 novembre, nous nous mettrons en grève", a déclaré Sawit Kaewan, leader de l'intersyndicale qui regroupe quelque 200.000 employés de 43 entreprises publiques.Au mois d'août, une grève de soutien aux manifestations de rue contre le gouvernement avait provoqué de très importantes perturbations dans les transports en commun et la circulation routière, et avait entraîné des retards dans les approvisionnements en hydrocarbures.Sawit a appelé tous les syndicats à participer à la manifestation anti-gouvernementale organisée dimanche à Bangkok à l'appel de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) après la mort d'un manifestant dans une attaque à la grenade, jeudi.Le PAD accuse le gouvernement d'être impliqué dans ce tir de grenade qui visait les bâtiments qui abritent les bureaux du Premier ministre, occupés par les manifestants depuis le mois d'août.Vingt-trois personnes avaient été blessées dans l'explosion. Le chef du gouvernement Somchai Wongsawat avait démenti toute implication dans cet incident.
L'ARMÉE RESTE EN RETRAIT
Le PAD, qui compte sur la présence de milliers de partisans, pourrait tenter de bloquer le parlement dimanche à la veille d'une session consacrée à la tenue d'un sommet régional organisé par la Thaïlande le mois prochain.
La dernière fois que le PAD avait opté pour cette stratégie, le 7 octobre, deux personnes avaient été tuées et des centaines d'autres blessées lors d'affrontements avec la police.
Il s'agissait des plus graves violences urbaines dans la capitale thaïlandaise depuis les manifestations de 1992 lorsque l'armée avait ouvert le feu sur des manifestants qui exigeaient des changements démocratiques.
Les responsables parlementaires ont expliqué qu'ils ne possédaient pas d'autre lieu pour siéger que les locaux actuels du parlement, laissant craindre de nouvelles violences.
La mobilisation contre le gouvernement semble en partie s'essouffler en raison d'une lassitude avec le temps malgré les efforts du PAD.
Si la journée de lundi se passe sans incident, la tension n'en restera pas moins vive, d'autant que l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a prévu de tenir un meeting avec ses partisans aux alentours du 13 décembre.
De son côté, l'armée a répété qu'un nouveau coup d'Etat militaire ne règlerait pas les problèmes politiques de fond de la Thaïlande.
Les analystes estiment qu'il est peu probable que les officiers de l'armée changent d'avis, à moins d'une importante éruption de violences dans les rues.