Trente-quatre perquisitions ont été menées dans six pays dans le cadre d'une opération internationale visant une bande de ressortissants roumains qui copiaient des cartes de crédit à l'aide d'un appareil appelé "skimmer".Ils opéraient au départ de la Belgique. Quinze personnes ont été placées sous mandat d'arrêt, dont sept en Belgique. Le parquet fédéral a ainsi démantelé toute une organisation qui a détourné des millions d'euros, a indiqué le magistrat Eric Biscchop. Le parquet souhaite que tous les suspects soient jugés en Belgique.L'organisation était active dans le monde entier, a indiqué le magistrat Eric Bisschop. "En Europe ils se sont rendus coupables d'activités criminelles en Roumanie, aux Pays-Bas, en Italie, en Allemagne, en Irlande, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Turquie et à Chypres. Hors d'Europe ils étaient actifs au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en République dominicaine et au Maroc. C'est pourquoi plusieurs perquisitions ont été menées simultanément mercredi en différents lieux en Europe, Australie et au Canada. L'action était coordonnée depuis Termonde, où étaient également présents les officiers de liaison des différents pays et un représentant d'Europol". Sept suspects ont été appréhendés en Belgique, six en Roumanie et deux en Espagne. Il s'agit à chaque fois de personnes originaires de Roumanie.
Point de départ de l'enquête: un self-bank Fortis à Alost
Une enquête avait été ouverte après que plusieurs cartes bancaires eurent été copiées dans un appareil self-banking de l'agence Fortis à Alost. Elle avait mené aux suspects qui opéraient en Belgique au départ de Bruxelles et de Liège.
Selon les premiers éléments de l'enquête il semble que les auteurs aient également copié et utilisé des données de cartes bancaires à Beerzel, Hoogstratent et Leeuw-Saint-Pierre.
Un signal clair que les criminels roumains ne sont pas en sécurité non plus dans leur pays d'origine
Le parquet est convaincu que les chefs présumés de la bande ont été également appréhendés. "C'est la conséquence d'une collaboration étroite avec la Roumanie. Un accord de coopération avait encore été conclu en septembre entre le parquet fédéral et DIICOT, le parquet national de Roumanie. C'est un signal clair que les Roumains qui se rendent coupables d'activités criminelles à l'étranger ne sont pas non plus en sécurité dans leur pays d'origine", explique M. Bisschop. Vingt perquisitions ont été menées en Roumanie, neuf en Belgique.
Les cartes copiées dans un pays, l'argent retiré dans un autre
Il n'y a pas encore de chiffres exacts de l'ampleur de l'escroquerie et du nombre de personnes impliquées, a indiqué Luc Boterberg de la police judiciaire fédérale. "L'ampleur du butin et les gains criminels ne peuvent aujourd'hui pas encore être déterminés avec exactitude. Il s'agit d'une bande extrêmement mobile. Les données qui ont été dérobées dans un pays sont utilisées par d'autres membres généralement pour retirer de l'argent dans un autre pays.
Ainsi 80.000 euros ont été dérobés en un week-end à Milan et des données de cartes copiées à Sydney ont permis de retirer dans différents pays quelques centaines de milliers d'euros. Avec cet argent les membres de la bande se payaient du bon temps. Ils ont notamment investi dans l'immobilier en Roumanie".
Les détenteurs de cartes qui ont été copiées seront dédommagés
Selon Jean-Michel Dasnoy d'Atos Worldline, les détenteurs des cartes bancaires ne devraient pas perdre d'argent. "Toutes les personnes dupées seront remboursées. Nous ne pouvons pas encore exactement dire combien de personnes cela concerne. On ne peut en tout cas pas dire que nous connaissons en Belgique une augmentation des fraudes à la carte bancaire. Contres ces bandes de "skimmeurs" qui travaillent avec une caméra cachée, un truc est particulièrement utile: couvrez avec votre autre main le clavier quand vous tapez votre code".
Les personnes appréhendées en Belgique comparaîtront jeudi devant le juge d'instruction de Termonde.