Bruxelles a écarté l'idée très controversée d'installer des scanners corporels dans tous les aéroports de l'UE, mais maintient les règles en vigueur sur les liquides autorisés dans les sacs pris en cabine, a indiqué jeudi un porte-parole de la Commission européenne. Elle souhaite se donner plus de temps pour "analyser" l'opportunité d'installer des scanners corporels pour contrôler les passagers dans les aéroports de l'UE, a précisé le porte-parole.Le chef de file des députés socialistes au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, a salué une "sage décision", rappelant son opposition à "une mesure dégradante et peu respectueuse de la dignité humaine"."Cette décision me parait d'autant plus justifiée que nous n'étions pas certains des effets de ces machines sur la santé", a pour sa part commenté l'eurodéputée socialiste française Martine Roure."Je pense qu'il était disproportionné de soumettre tous les passagers aériens à ce type de contrôles au nom de la lutte contre le terrorisme", a-t-elle ajouté.L'installation de scanners corporels, évoquée en septembre par la Commission, avait provoqué un tollé le mois dernier au Parlement européen. Certains pays, l'Allemagne en tête, s'étaient également déclarés très partagés sur une telle mesure, par crainte d'être accusés de voyeurisme.Les ondes de ces appareils traversent en effet les vêtements et dessinent sur l'écran le corps dévêtu, en trois dimensions.Les eurodéputés avaient réclamé en octobre de Bruxelles des études sur l'impact économique, éthique, et sur la santé humaine de ces appareils déjà utilisés en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Suisse notamment.Sans convaincre, le commissaire européen aux Transports Antonio Tajani avait stipulé que le scanner corporel ne serait pas obligatoire, mais "une alternative aux fouilles manuelles", tandis que les images ne seraient jamais enregistrées ou conservées.Il y a un an, les eurodéputés avaient mené une autre fronde pour une révision des règles sur les liquides autorisés dans les sacs emportés en cabine dans les avions, critiquant le coût des confiscations et exprimant des doutes sur l'amélioration de la sécurité.
La Commission avait catégoriquement refusé au nom de la menace terroriste, mais s'était engagée à revoir de façon régulière le règlement, en suivant de près les évolutions technologiques permettant de détecter des explosifs liquides.
L'UE a introduit en novembre 2006 ces restrictions sur les liquides et autres gels autorisés en bagage à main. Trois mois plus tôt, en août, Londres avait annoncé avoir déjoué un projet d'attentat contre des avions assurant des liaisons transatlantiques au moyen d'explosifs liquides.
Ces restrictions prévoient notamment que les passagers voyageant au départ de l'UE ne puissent plus prendre en cabine que des flacons ou des tubes d'une contenance n'excédant pas 100 ml. Des aménagements sont prévus pour les produits détaxés.
Le règlement a occasionné de véritables montagnes de produits liquides confisqués devant les portiques de sécurité des aéroports de l'UE.