C'est la journée des droits de l'enfant. L'occasion de poser son regard sur les souffrances et injustices qui frappent de nombreux enfants dans le monde. 120 millions d’entre eux n’ont pas accès à l’école primaire. En Belgique, priorité aux enfants de la pauvreté.Bernard Devos, le délégué général aux droits de l'enfant en Communauté française, profite de cette journée spéciale pour présenter son rapport annuel. Celui-ci fait état des principales souffrances rencontrées par les enfants et les jeunes en Belgique. Au centre des préoccupations: la pauvreté qui frappe les familles et va jusqu'à rejeter des jeunes dans la rue. "Cela devient de plus en plus fréquent de voir des jeunes SDF qui mendient" constate le délégué. "Certains vivent des situations tellement précaires dans leur famille qu'ils préfèrent rester en rue plutôt que de se retrouver dans un habitat inconfortable avec des moyens de vie très très limité" poursuit Devos. L'impact de la misère sur les jeunes constituera d'ailleurs son "grand défi" pour l'année à venir.
Les jeunes délinquants sont surtout des jeunes qui ne sont pas pris en charge
Autre thème récurrent abordé dans le rapport: la délinquance chez les jeunes. Le traitement de nombreux faits divers dans les médias pourraient laisser songer qu'elle est en forte augmentation. Rien n'est moins sûr. En fait, personne ne peut dire avec exactitude s'il y a hausse ou baisse sensible. "Certains indicateurs laissent entendre un léger tassement à Bruxelles" informe Bernard Devos qui ajoute que "13 à 14% des actes de délinquance sur l'arrondissement de Bruxelles concerne des jeunes de la tranche 0-18 ans. Or cette tranche d'âge représente 25% de la population". Pourtant, la population semble toujours associer la délinquance aux jeunes: "Il y a une vision extrêmement négative des jeunes basée sur la délinquance" auprès de la population, confirme le défenseur des droits de l'enfant. Une vision qu'il ne trouve pas totalement justifiée et surtout n'aide pas à voir que derrière les ados délinquants il y a des jeunes en souffrance: "Il faut rappeler que le profil des jeunes délinquants est exactement le même que celui des jeunes en difficulté qui ne sont pas pris en charge".
"La privation de liberté ne soigne pas"
Les réactions émotives de la population lors de plusieurs faits divers impliquant des mineurs ont poussé les responsables politiques de la Communauté française à investir dans le développement de nouveaux centres fermés. Réaction du délégué: "Je regrette que le politique est prêt à débloquer des moyens colossaux pour les centres fermés alors que pour la grosse majorité des enfants en danger dans leur familles et devant être pris en charge, on tarde à trouver les moyens". Bernard Devos ne se réjouit donc pas de l'augmentation de places en centres fermés dans les années à venir. L'enfermement reste pour lui un échec de société. Le politique devrait miser plus sur la prévention, estime-t-il. Mais pour cela, il faut de l'argent. Et l'argent, actuellement, va surtout servir à développer les centres fermés... Ceux-ci ne guériront toutefois pas l'enfant pour Bernard Devos: "La privation de liberté n'a jamais soigné et n'améliore pas le profil de ceux qui y sont soumis ceux qui y sont soumis".