Les partenaires sociaux ont donné le coup d'envoi, lundi à 18h, des négociations interprofessionnelles. Objectif : déterminer les salaires et les conditions de travail des salariés du secteur privé pour les deux prochaines années.Réunis au sein du Groupe des 10, syndicats et patronat se sont retrouvés pour la première fois lundi pour négocier un nouvel accord interprofessionnel. Dans les rangs syndicaux, on espère dégager un accord d'ici deux à trois semaines. "Dans le cas contraire, ce sera difficile. Le timing n'est pas l'élément le plus important, mais on ne doit pas laisser traîner les choses plus longtemps", a déclaré le président de la CSC, Luc Cortebeeck.La secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, a avancé le même délai de deux à trois semaines. "Nous voulons un accord rapidement", a-t-elle indiqué.
"Nous espérons aboutir pour le début du mois de décembre. Les travailleurs et les allocataires sociaux ont droit à la clarté", a renchéri le président du syndicat libéral, Jan Vercamst.
Les négociations interprofessionnelles devront fixer la norme salariale, qui encadrera les hausses salariales dans le secteur privé pour les deux prochaines années.
Le rapport technique du Conseil central de l'Economie, qui sert de base aux négociations, a élaboré deux scénarios possibles, en raison des incertitudes planant sur la situation économique. Le plus récent, qui table sur une faible croissance économique, estime que la marge est nulle, en dehors de l'index, pour une éventuelle augmentation salariale.
Pour les syndicats toutefois, on ne peut se contenter de l'index. Ainsi, la FGTB et la CSC se sont dites favorables à "un salaire brut plus élevé, en particulier pour les salaires minimums".
Le syndicat socialiste -en l'absence de son président Rudy De Leeuw, qui se trouvait à Washington- souhaite aussi des mesures en faveur des trajets domicile-travail, car "les salariés attendent depuis des mois déjà une solution pour leur pouvoir d'achat".
La CSC estime primordial un équilibre entre l'emploi et les revenus et la situation des entreprises. "Cet équilibre sera le plus difficile à atteindre", a estimé M. Cortebeeck.
Le nouvel accord interprofessionnel devrait "logiquement" être plus léger que le précédent, selon le président du syndicat chrétien. "Nous vivons à une autre époque", a-t-il dit, en précisant toutefois que son organisation "ne négocierait pas pour rien. Nous devons redonner de l'espoir aux gens".
Du côté des employeurs, avares en déclarations, on a insisté avant tout sur la compétitivité des entreprises. "Nous ne voulons pas d'un accord qui détruirait de l'emploi", a averti Pieter Timmermans, le directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).
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