La cour d'assises de Liège a entamé lundi matin le procès de Jean-Marie P., 53 ans. Il est accusé d'avoir, en date du 13 mars 2006, tenté d'assassiner ses trois enfants au colt 45. Point de départ du drame: sa compagne tombée amoureuse d'un coiffeur égyptien.Jean-Marie P. est aussi poursuivi pour détention illégale d'armes et pour menaces envers son ex-épouse. Après la constitution du jury, 6 femmes et 6 hommes, le procureur général, Franklin Kuty, a ensuite exposé son acte d'accusation. La défense a souligné que son client était en aveux et a demandé justice humaine et intelligente pour sanctionner des faits extrêmement graves.Le président de la Cour, Luc Lambrecht, a procédé à l'interrogatoire de l'accusé, né d'un père responsable du charroi d'Interbrew et d'une mère tenancière d'un café.L'accusé a raconté qu'il n'avait manqué de rien dans sa jeunesse, malgré des parents très peu disponibles. Sa scolarité s'est déroulée sans aucun problème jusqu'aux études supérieures. Durant celles-ci, il fera la connaissance de sa première épouse qui tombera rapidement enceinte.Jean-Marie P. abandonne ses études et se lance dans le monde du travail. Il passera pas plusieurs sociétés mais est handicapé par une vision déficiente. Il est finalement engagé au ministère des finances.Sa passion pour le cheval, présente depuis l'âge de dix ans, revient au premier plan au milieu des années 80. Il reprend alors des manèges avec sa nouvelle compagne. Il s'installera définitivement à Herve et y développe son propre manège.
Michèle tombe amoureuse du coiffeur de l'hôtel
Sa deuxième compagne le quitte et Michèle R. entre dans sa vie. Il démissionne au ministère et devient comptable indépendant. Lui et sa nouvelle compagne gèrent le manège.
En 2006, après un séjour en Egypte, Michèle R. tombe amoureuse du coiffeur de leur hôtel. Jean-Marie P. s'enfonce dans la dépression. Ses enfants vivent aussi très difficilement ce choix. Jean-Marie P. boit énormément durant cette période et lors du deuxième séjour de son ex-épouse en Egypte, il fomente le projet de se suicider après avoir tué ses trois enfants.
Il tire sur sa fille aînée: "Je ne suis pas fier"
Le 13 mars 2006, l'accusé met son plan à exécution. Vers 6h30 du matin, il tire sur l'aînée des deux filles qu'il blesse gravement au visage. L'arme s'enraye, empêchant Jean-Marie P. d'aller au bout de son dessein mortel.
« Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. C'était impossible. J'ai posé un geste impardonnable dont je ne suis pas fier. Je suis coupable et je dois être sanctionné», a-t-il expliqué à la barre pour évoquer l'état d'esprit qui l'habitait.
Depuis juin 2007, Jean-Marie P. a recouvré la liberté, après 15 mois de détention. Il vit avec ses trois enfants. Son ex-épouse, depuis mariée avec le coiffeur égyptien, possède toujours des bureaux dans le manège de Herve.
L'audience devait reprendre à 14 heures, avec l'audition du juge d'instruction et des enquêteurs.