La faïencerie Royal Boch de La Louvière, menacée de mise en faillite par l'un de ses créanciers, a obtenu lundi un sursis de 6 mois en concordat judiciaire auprès du tribunal de commerce de Mons, indique la direction du site.La dette de la Manufacture envers ses fournisseurs avoisinerait les 3 millions d'euros, selon Jacques Meert, directeur du site louviérois. L'entreprise a pu faire valoir des arguments en faveur de sa solvabilité, tels qu'une reprise éventuelle de la marque par la Région wallonne (estimée à 4 millions d'euros, selon certaines sources), la vente d'un bâtiment à La Louvière (1,2 million d'euros), l'horizon commercial de l'entreprise ou encore l'intervention de trois investisseurs dont le nom ne sera pas cité "avant qu'une lettre d'intentions soit signée", indique Jacques Meert."Nos autres dettes tournent autour de la centaine de milliers d'euros. Elles sont couvertes par le chiffre d'affaire et ne posent pas de problème à cours terme. Notre dette envers la banque dispose de toutes les garanties voulues", précise-t-il. Plus tôt en matinée, une partie des 45 travailleurs du site louviérois avait arrêté le travail pour protester contre le manque d'information dans ce dossier.
Une prochaine réunion d'information avec les syndicats est prévue le 11 décembre. Cette requête en concordat judiciaire intervenait alors qu'un important fournisseur de la Manufacture souhaitait engager une procédure de citation en faillite de la faïencerie.
L'entreprise ostendaise Arovo réclame en effet à Royal Boch 2 millions d'euros de factures impayées. Ses avocats avaient obtenu mercredi dernier une saisie conservatoire sur des biens de la Manufacture entreposés à Kontich. Cette saisie sera examinée sur le fond le 27 novembre devant le tribunal de commerce d'Ostende.