Le ministre de la Défense a accusé ce mercredi le chef de groupe du sp.a à la Chambre, Dirk Van der Maelen, de se trouver dans le camp (du terroriste) Oussama ben Laden, lors d'un débat animé en Commission de la défense sur les opérations de l'armée belge.Deux partis d'opposition, Groen! et le sp.a., ont une nouvelle fois critiqué les décisions du gouvernement d'envoyer davantage de militaires en Afghanistan et de prolonger la mission des chasseurs-bombardiers F-16 de six mois, M. Van der Maelen reprochant à Pieter De Crem (CD&V)d'entraîner la Belgique "dans une guerre coûteuse et sans issue" dans ce pays.Le Conseil des ministres restreint a décidé lundi de prolonger jusque fin août (au lieu de fin mars) la mission des quatre F-16 belges affectés à la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l'OTAN en Afghanistan et d'envoyer une équipe d'instructeurs, forte d'au maximum une septantaine de militaires, au profit de l'armée afghane dès janvier prochain dans la région de Kaboul, avant un déploiement trois mois plus tard dans le nord de l'Afghanistan.Le nombre de militaires belges en Afghanistan oscillera ainsi autour des 500, soit près de la moitié du personnel engagé en opérations (environ 1.340 hommes).Groen! et le sp.a ont une nouvelle fois critiqué cette stratégie. "Le gouvernement Leterme s'engage dans une logique de guerre américaine et cela se fait au détriment de missions humanitaires, comme le Liban" (où le nombre de Casques bleus sera réduit de 335 à 216, selon un spécialiste du dossier), a affirmé le député écologiste flamand Wouter De Vriendt. Il a plaidé pour une autre approche de la question afghane, affirmant qu'elle devait être basée sur les efforts en matière de reconstruction et de développement.
M. Van der Maelen a également affirmé que la Belgique s'alignait sur les Etats-Unis, soulignant qu'elle s'engageait de plus en plus "dans une guerre coûteuse et sans issue".
M. De Crem a répliqué avec force, affirmant que M. Van der Maelen était "isolé". "Vous êtes dans le camp d'Oussama ben Laden (le chef du réseau terroriste al-Qaïda) et de ses amis poseurs de bombes et violeurs. Vous êtes un partenaire objectif de ceux qui coupent les oreilles des filles quand elles vont à l'école. Le discours que vous tenez est déraisonnable et témoigne de peu de respect pour les militaires qui sont présents" en Afghanistan, a ajouté le ministre.
Il a souligné que l'on ne devait pas s'attendre à un changement de stratégie américaine après l'élection du démocrate Barack Obama à la présidence. "Ceux qui pensent que la vision d'Obama sur l'Afghanistan sera différente de celle de son prédécesseur (George W. Bush) se trompent lourdement", a dit M. De Crem, dans une allusion à la volonté de M. Obama d'envoyer davantage de troupes en Afghanistan.
Le sp.a a encore mis en garde contre la situation du budget 2009 de la Défense, qui prévoit de consacrer 70 millions d'euros aux opérations à l'étranger, dont 42 millions pour le seul Afghanistan. Selon M. Van der Maelen, ce budget ne tient qu'avec "de la ficelle et des élastiques".
M. De Crem lui a répondu que lors de la législature précédente, lorsque Freya Van de Bossche (sp.a) était ministre du Budget, le compte de trésorerie de la Défense avait connu un déficit de 200 millions d'euros. "Pieter De Crem a pu résoudre le problème. De Crem est le Monsieur Propre de la Défense", a dit le ministre de lui-même, soulignant que les opérations ne représentaient que 2,5% du budget total du département.