National 19/08/2010
Triple suicide: le mystère de Dalhem
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Mais que s'est-il passé à Dalhem au sein de la famille Smeets ? La mère de famille et les deux filles, âgées de 29 et 30 ans, se sont pendues dans le vestibule à l'aide de colliers colson. Un suicide collectif qui laisse plâner le mystère. Et dans le quartier, ce ne sont pas les conclusions du médecin légiste qui ont rassuré. Ce dernier parle de "délire collectif". Un terme qui n'a pas été clairement défini, et qui surprend les psychiatres.

Délire mélancolique familial ?

Le docteur Pierre Lievens, président de l'Association professionnelle des neurologues et des psychiatres belges, ne comprend pas cette notion. "Un délire est normalement l'affaire d'une personne et éventuellement d'une deuxième qui suit la première. L'éventualité d'un troisième individu est étrange dans le sens où celui-ci représente une sorte de témoin de la société, de l'opinion publique", explique-t-il. Le triangle a peut-être pu mener à un délire mélancolique familial, mais la suite suicidaire lui semble exagérée.

De plus, le terme "collectif" est utilisé, selon le docteur Lievens, pour désigner plusieurs personnes qui se réunissent autour d'un thème et non une famille.

Curieux

Le docteur Beine, également psychiatre, ajoute ensuite que le délire à deux est un phénomène connu, mais pas spécialement à plusieurs. Il qualifie donc de curieux le terme "collectif". "Tout délire est suspect de psychose", affirme de plus le psychiatre.

Pas assez d'éléments

Enfin, selon Patrick Pierre, psychiatre à Bruxelles, le terme de "délire collectif" est assimilé à celui des sectes. Il estime cependant que l'on ne peut plus parler de délire à partir du moment où cela mène à un suicide, excepté s'il y a consommation de substances.

Les conclusions sont assez semblables pour les trois experts en psychiatrie: le terme semble inconnu à la profession et il n'y a pas assez d'éléments à l'heure actuelle pour comprendre et expliquer cet acte.

Analyses approfondies

Ce qui reste interpellant, c'est que la scène du drame a été étudiée de fond en comble. Le parquet de Liège a ensuite confirmé la thèse du suicide avant que le médecin légiste ne fasse part de ses conclusions. Il est donc fort probable que les motivations des trois femmes qui ont mis fin à leur vie ne restent à jamais méconnues. Une triple pendaison mystérieuse, au sein d'une famille "tout à fait normale", comme l'a précisé le bourgmestre de la commune.

Quant au père de famille, après avoir été entendu pour les besoins de l'enquête, il lui reste à surmonter cette horrible épreuve.

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